Brevo vs Mailchimp
Brevo vs Mailchimp : les deux outils permettent d’envoyer des newsletters, des campagnes et des emails automatisés, mais ils ne sont pas construits de la même façon. Brevo, l’ancien Sendinblue renommé en mai 2023, est une entreprise basée à Paris qui présente sa plateforme comme un CRM multicanal : email, SMS, WhatsApp, notifications, chat et gestion des ventes. Mailchimp, racheté par l’américain Intuit en novembre 2021, reste d’abord un outil d’email marketing, l’un des plus connus du marché. La différence la plus visible concerne l’offre gratuite : celle de Brevo limite l’envoi à 300 emails par jour mais accepte jusqu’à 100 000 contacts enregistrés, alors que celle de Mailchimp plafonne à 250 contacts et 500 envois par mois. Pour une PME française qui a une base de contacts importante et envoie peu, Brevo est souvent plus simple à démarrer ; pour une équipe déjà habituée à l’écosystème Mailchimp ou à ses intégrations, rester peut être plus logique. Le bon choix dépend de votre volume, de vos canaux et de vos outils existants.
Mis à jour le 23 octobre 2026
Quand une PME décide de structurer sa communication par email, deux noms reviennent presque toujours : Brevo et Mailchimp. Les comparatifs en ligne sont nombreux, mais beaucoup sont rédigés par des sites rémunérés à l’inscription, et les tableaux de fonctionnalités changent tous les six mois.
Cette page compare les deux outils à partir de leur documentation publique, sans lien d’affiliation, en se concentrant sur ce qui change vraiment le choix d’une PME. Elle s’inscrit dans la démarche plus large de l’emailing : l’outil n’est qu’un moyen, la qualité de la liste et des messages compte davantage.
Par Alexandre Montenon, consultant en marketing digital depuis 2011
Deux histoires différentes
Brevo, l’ex-Sendinblue
Selon son communiqué du 4 mai 2023, Sendinblue est devenu Brevo pour refléter son évolution vers un CRM tout-en-un ; l’entreprise, basée à Paris, revendique des entreprises clientes dans plus de 180 pays et une plateforme qui couvre le marketing multicanal, les ventes, le support client et l’email transactionnel. Les canaux proposés vont de l’email au SMS, en passant par WhatsApp, les notifications et le chat en direct.
Pour une entreprise française, deux conséquences pratiques : une interface, une documentation et un support disponibles en français, et un éditeur soumis au droit européen, ce qui simplifie souvent les échanges avec le délégué à la protection des données.
Mailchimp, filiale d’Intuit
Intuit a annoncé le 1er novembre 2021 la finalisation du rachat de Mailchimp, pour environ 5,7 milliards de dollars en numéraire et 10,1 millions d’actions Intuit. Mailchimp est l’un des noms les plus connus de l’email marketing, avec de nombreux modèles, un éditeur d’emails réputé pour sa simplicité et un très large catalogue d’intégrations avec d’autres outils.
L’éditeur étant américain, vérifiez avec votre conseil les conditions de transfert des données hors de l’Union européenne et documentez-les dans votre registre des traitements.
Le comparatif point par point
| Critère | Brevo | Mailchimp |
|---|---|---|
| Positionnement | CRM multicanal : email, SMS, WhatsApp, ventes, chat | Email marketing d’abord, avec automatisations et pages |
| Éditeur | Société française, siège à Paris | Filiale du groupe américain Intuit |
| Offre gratuite : contacts | Jusqu’à 100 000 contacts enregistrés | Jusqu’à 250 contacts |
| Offre gratuite : envois | 300 emails par jour | 500 envois par mois, 250 par jour |
| Plans payants | Paliers à comparer selon votre volume d’envoi et les fonctions souhaitées | Montant fixé selon le palier de contacts stockés |
| Aide en ligne | Centre d’aide disponible en français | Centre d’aide à vérifier dans votre langue |
| Canaux hors email | Nombreux, dans la même interface | Plus limités |
Les données de l’offre gratuite viennent des pages d’aide officielles des deux éditeurs, consultées en octobre 2026. Les fonctions et les paliers évoluent régulièrement : vérifiez-les au moment de votre choix.
L’offre gratuite : la différence qui saute aux yeux
L’aide de Brevo indique que l’offre gratuite permet 300 envois d’emails par jour, sans limite de durée, avec jusqu’à 100 000 contacts enregistrés, une mention « Envoyé avec Brevo » sur les emails, un seul utilisateur et 2 000 contacts uniques au maximum dans les automatisations actives. Une campagne adressée à plus de 300 destinataires part donc en plusieurs jours, par tranches.
L’aide de Mailchimp précise que le plan gratuit est limité à 250 contacts et 500 envois par mois, avec une limite de 250 par jour, et qu’au-delà de 250 contacts l’envoi est suspendu jusqu’au passage à un plan payant ou à la réduction de la liste. Pour les plans payants, le montant dépend du palier de contacts stockés, qui fixe aussi la limite d’envoi.
En pratique, une PME qui a déjà 2 000 clients dans son fichier et veut leur envoyer une lettre d’information par mois peut démarrer gratuitement avec Brevo, en étalant l’envoi sur plusieurs jours, alors qu’elle devra passer à un plan payant chez Mailchimp dès le départ. À l’inverse, une très petite liste qui grandit lentement trouvera dans les deux offres gratuites de quoi tester.
Les critères qui comptent vraiment
Votre ratio contacts / envois
C’est le premier critère, et le plus sous-estimé. Beaucoup de contacts et peu d’envois : l’offre gratuite de Brevo, qui limite les envois et non les contacts, est souvent plus adaptée pour démarrer. Peu de contacts et beaucoup d’envois (plusieurs campagnes par semaine) : comparez attentivement les paliers des deux outils avec vos propres chiffres. Faites le calcul sur votre volume réel prévu à douze mois, pas sur celui d’aujourd’hui.
Les canaux dont vous avez besoin
Si vous envisagez d’envoyer aussi des SMS de rappel, des messages WhatsApp ou de gérer un petit pipeline commercial, avoir tout dans le même outil simplifie la gestion des contacts et des consentements. Si l’email suffit, ce critère pèse moins.
Les intégrations
Votre boutique en ligne, votre CRM, votre outil de prise de rendez-vous ou de facturation se connectent-ils nativement à l’outil choisi ? Vérifiez la liste des intégrations de chaque éditeur pour vos outils précis, et la nature de la synchronisation (contacts seulement, ou aussi commandes et événements).
L’email transactionnel
Confirmations de commande, réinitialisation de mot de passe, factures : si votre site envoie ce type d’emails, savoir s’ils passent par le même outil que vos campagnes, ou par un service séparé, a un effet sur la gestion et sur la délivrabilité.
La personne qui va l’utiliser
Un outil que l’équipe trouve agréable sera utilisé ; un outil jugé compliqué sera abandonné. Créez un compte gratuit sur les deux, construisez le même email et le même scénario simple de bienvenue, et demandez l’avis de la personne qui s’en servira chaque semaine.
Avant de choisir, exportez votre fichier de contacts et comptez combien ont donné un consentement clair et récent. Le chiffre est souvent bien inférieur au total. C’est ce nombre-là, et non la taille brute du fichier, qui doit guider votre choix de palier, et c’est aussi la meilleure protection pour votre délivrabilité.
La délivrabilité : un faux critère de choix
On lit souvent qu’un outil « délivre mieux » que l’autre. En réalité, la délivrabilité dépend d’abord de l’expéditeur : authentification du domaine (SPF, DKIM, DMARC), qualité de la liste, taux de plaintes, régularité des envois, contenu. Les deux outils fournissent ce qu’il faut pour authentifier votre domaine ; c’est à vous de le configurer. La page sur la délivrabilité email détaille ces réglages, indispensables quel que soit l’outil.
Changer d’outil : ce qu’il faut prévoir
Passer de l’un à l’autre est courant et faisable, mais demande un peu de méthode :
- Exporter les contacts avec leurs consentements et la date de recueil, pas seulement les adresses.
- Exporter les désinscrits pour ne jamais leur réécrire : c’est une obligation, pas une option.
- Recréer les formulaires d’inscription sur le site et vérifier qu’ils alimentent le nouvel outil.
- Reconfigurer l’authentification du domaine avant le premier envoi.
- Reprendre les scénarios automatisés un par un, en les testant.
- Monter progressivement en volume les premières semaines si votre liste est importante.
Ce que dit la loi, quel que soit l’outil
Le choix de l’outil ne change rien aux règles : en prospection auprès de particuliers, le consentement préalable est la règle, avec une exception pour les clients et des produits analogues ; entre professionnels, le message doit être en lien avec l’activité de la personne et l’opposition doit être simple. Chaque email doit comporter un lien de désinscription qui fonctionne. L’outil vous aide à appliquer ces règles, il ne les applique pas à votre place.
Mon avis, en deux profils
Vous êtes une PME française, avec un fichier de clients déjà conséquent, qui veut envoyer une lettre mensuelle, quelques relances automatiques et éventuellement des SMS : Brevo est souvent le point de départ le plus simple, notamment grâce à son offre gratuite généreuse en contacts et à son interface en français.
Vous utilisez déjà des outils qui s’intègrent nativement à Mailchimp, votre équipe le connaît, et votre liste est encore petite : il n’y a pas forcément de raison d’en changer, à condition de vérifier l’évolution du coût à mesure que la liste grandit.
Dans les deux cas, testez sur une vraie campagne avant de vous engager sur un plan annuel.
Les erreurs fréquentes
Choisir sur un comparatif sponsorisé. Les classements payés à l’inscription ne sont pas neutres.
Importer un fichier acheté. Quel que soit l’outil, c’est la meilleure façon de ruiner sa réputation d’expéditeur et de s’exposer juridiquement.
Oublier les désinscrits lors d’une migration. Leur réécrire est interdit.
Ne pas authentifier son domaine. Les grandes messageries ont durci leurs exigences envers les expéditeurs.
Payer pour des fonctions inutilisées. Commencez simple, montez en gamme quand un besoin réel apparaît.
Exemple fictif : une cave à vins
Pour illustrer, un cas inventé. Une cave à vins lyonnaise dispose de 3 500 adresses de clients ayant accepté de recevoir ses offres. Elle veut envoyer une lettre par mois et un rappel avant chaque dégustation. Elle crée un compte gratuit sur les deux outils, construit la même lettre, et constate que le plan gratuit de Mailchimp ne couvre pas sa liste, alors que celui de Brevo lui permet de démarrer en étalant l’envoi sur une douzaine de jours. Elle choisit de commencer ainsi, puis passe à un plan payant quand elle veut envoyer toute la lettre le même jour. Les éléments de cet exemple sont inventés pour l’illustration.
- Brevo vs Mailchimp : un CRM multicanal français d’un côté, un spécialiste de l’email filiale d’Intuit de l’autre.
- Offre gratuite : Brevo, 300 emails par jour et jusqu’à 100 000 contacts ; Mailchimp, 250 contacts et 500 envois par mois.
- Choisissez selon votre ratio contacts / envois, vos canaux, vos intégrations et la personne qui utilisera l’outil.
- La délivrabilité dépend surtout de vous : authentification, liste propre, contenu.
- En cas de migration, emportez les consentements et les désinscrits.
Questions fréquentes sur Brevo et Mailchimp
Quelle est la différence principale entre Brevo et Mailchimp ?
Brevo se présente comme un CRM multicanal (email, SMS, WhatsApp, ventes, chat), édité en France ; Mailchimp est d’abord un outil d’email marketing, filiale du groupe américain Intuit. Leurs offres gratuites et leurs logiques de paliers diffèrent aussi.
Quelle offre gratuite est la plus généreuse ?
Cela dépend de votre usage : Brevo accepte jusqu’à 100 000 contacts mais limite l’envoi à 300 emails par jour ; Mailchimp limite le plan gratuit à 250 contacts et 500 envois par mois.
Brevo est-il une entreprise française ?
Oui. Brevo, ex-Sendinblue renommé en mai 2023, est basé à Paris.
Lequel délivre le mieux les emails ?
La délivrabilité dépend surtout de l’expéditeur : authentification du domaine, qualité de la liste, taux de plaintes et contenu. Les deux outils permettent de configurer correctement ces éléments.
Peut-on passer de Mailchimp à Brevo facilement ?
Oui, en exportant les contacts avec leurs consentements et les désinscrits, puis en recréant formulaires, authentification et scénarios dans le nouvel outil.
Vous avez une question, un projet ? Parlons-en ensemble.
On discute ?