DeepSeek : ce qu’il faut savoir côté visibilité
DeepSeek est un modèle et un assistant d’IA développés par une entreprise chinoise, connus pour leurs performances élevées à faible coût et pour la publication de modèles en accès ouvert, notamment DeepSeek-R1 en janvier 2025. En France, son usage grand public reste marginal. Pour une entreprise, deux sujets comptent : la protection des données, puisque l’autorité italienne a ordonné dès janvier 2025 la limitation du traitement des données des utilisateurs italiens par l’application, et la visibilité, qui n’est pas une priorité face à ChatGPT et Google. Ses modèles ouverts sont en revanche utilisés dans d’autres outils, ce qui renforce l’intérêt de contenus clairs et accessibles.
Mis à jour le 23 octobre 2026
En janvier 2025, DeepSeek a fait une entrée fracassante dans l’actualité de l’IA. Une entreprise chinoise peu connue publiait un modèle de raisonnement aux performances comparables à celles des meilleurs modèles américains, présenté comme beaucoup moins coûteux à entraîner, et dont les poids étaient mis à disposition de tous. Son application est brièvement passée en tête des téléchargements dans plusieurs pays.
Depuis, l’enthousiasme initial a laissé place à une vision plus nuancée : performances réelles, questions de confidentialité, réticences réglementaires en Europe. Pour une entreprise française, faut-il s’en préoccuper ?
Cette page fait le point. Elle s’inscrit dans mon panorama de chaque moteur de recherche IA.
Par Alexandre Montenon, consultant SEO et GEO à Lyon
DeepSeek en quelques faits
| Élément | Détail |
|---|---|
| Éditeur | DeepSeek, entreprise basée à Hangzhou, en Chine |
| Produits | Assistant conversationnel (web et application), modèles accessibles par API, modèles en accès ouvert |
| Fait marquant | DeepSeek-R1, modèle de raisonnement publié en janvier 2025 |
| Usage en France | Marginal : absent des principaux assistants mesurés par Statcounter |
Le modèle R1 a été décrit dans un article de recherche publié en janvier 2025, qui explique que les capacités de raisonnement d’un grand modèle de langage peuvent être développées par apprentissage par renforcement. Les poids du modèle ont par ailleurs été mis à disposition, sous licence ouverte. C’est ce caractère ouvert, plus que l’assistant lui-même, qui a marqué le secteur.
Quelle place en France ?
Les usages grand public sont très concentrés. Selon Statcounter, ChatGPT représentait environ 79 % des usages d’assistants d’IA en France en septembre 2026, devant Gemini, Perplexity, Copilot et Claude ; DeepSeek n’apparaît pas dans ce classement.
Pour une entreprise qui travaille sa visibilité dans les IA, DeepSeek n’est donc pas une priorité. Ses utilisateurs français sont surtout des profils techniques, et les leviers qui permettent d’y être cité sont les mêmes que pour les autres assistants.
Ce que DeepSeek a changé dans le secteur
Au-delà de son assistant, DeepSeek a eu un effet important sur l’ensemble du marché de l’IA, qui concerne indirectement toutes les entreprises.
Une pression sur les prix. En montrant qu’un modèle très performant pouvait être proposé à un coût d’usage faible, DeepSeek a accentué la baisse des prix des modèles accessibles par API. Pour les entreprises qui intègrent l’IA dans leurs outils, le coût d’usage est devenu un critère moins bloquant.
Un élan pour les modèles ouverts. La publication de modèles performants en accès ouvert a renforcé un mouvement déjà engagé par d’autres acteurs, dont le français Mistral AI. Les entreprises disposent désormais de vraies alternatives aux modèles fermés, notamment pour des usages internes sensibles.
Une prise de conscience géopolitique. L’arrivée d’un acteur chinois de premier plan a rappelé que le choix d’un outil d’IA engage aussi des questions de localisation des données, de droit applicable et de dépendance technologique.
Le sujet qui compte pour les entreprises : les données
L’usage de l’assistant DeepSeek par des salariés soulève des questions de protection des données, que les autorités européennes ont rapidement soulevées.
Dès le 30 janvier 2025, l’autorité italienne de protection des données a ordonné en urgence la limitation du traitement des données des utilisateurs italiens par les sociétés éditrices de DeepSeek, et ouvert une enquête, jugeant leurs réponses totalement insuffisantes. D’autres autorités européennes ont, dans les mois suivants, exprimé des préoccupations similaires.
Concrètement, pour une entreprise :
➭ ne saisissez pas de données personnelles ni d’informations confidentielles dans l’application grand public, comme pour tout assistant dont vous ne maîtrisez pas les conditions ;
➭ encadrez les usages dans votre charte d’utilisation de l’IA : outils autorisés, outils exclus, types de données interdits ;
➭ distinguez l’application et le modèle : un modèle ouvert peut être installé et exécuté sur une infrastructure que vous contrôlez, ce qui pose des questions très différentes de l’usage d’une application hébergée à l’étranger.
Si des collaborateurs utilisent DeepSeek « parce qu’il est gratuit et performant », ne l’interdisez pas sans proposer d’alternative. Choisissez un assistant validé pour l’équipe, en offre professionnelle, et expliquez pourquoi. Une interdiction sans solution pousse aux usages cachés.
Les modèles ouverts en entreprise : intérêt et précautions
Pour une entreprise, un modèle ouvert présente des avantages réels : il peut être hébergé sur une infrastructure maîtrisée, en France ou en Europe, sans que les données quittent l’entreprise ; il peut être adapté à un usage précis ; son coût d’usage est prévisible.
Il demande aussi des précautions :
➭ des compétences techniques pour l’installer, le maintenir et le sécuriser ;
➭ une vérification de la licence, qui fixe les conditions d’utilisation ;
➭ des tests sur vos cas d’usage, en français, avant tout déploiement ;
➭ une évaluation des biais et des limites, comme pour tout modèle.
Le choix d’un modèle ouvert, qu’il vienne de DeepSeek, de Mistral ou d’un autre éditeur, relève d’une décision technique et juridique, à prendre avec votre service informatique et, le cas échéant, votre délégué à la protection des données.
Les modèles ouverts : un effet indirect sur la visibilité
La particularité de DeepSeek est que ses modèles circulent bien au-delà de son assistant. Des entreprises, des développeurs et des éditeurs de logiciels les utilisent comme base pour leurs propres outils : assistants internes, outils de recherche, chatbots de service client.
Cela a une conséquence discrète pour la visibilité : vos contenus peuvent être lus et résumés par des outils construits sur ces modèles, sans que le nom de DeepSeek apparaisse. Ce que vous publiez de clair, de factuel et de bien structuré profite donc à un ensemble d’outils plus large que les seuls grands assistants.
Faut-il travailler sa visibilité dans DeepSeek ?
Pour la grande majorité des entreprises françaises, non, pas spécifiquement. Les priorités restent Google (AI Overviews et mode IA), ChatGPT, Gemini et Perplexity. Les leviers sont de toute façon communs :
➭ un site accessible aux robots et des pages faciles à extraire ;
➭ des faits précis et sourcés ;
➭ une entité claire et des informations cohérentes partout ;
➭ une réputation solide hors du site.
Deux exceptions : les entreprises qui s’adressent au marché chinois ou à des publics très techniques, et les éditeurs de logiciels dont les clients intègrent ces modèles.
Ce que DeepSeek répond sur votre entreprise
Même si son audience française est faible, il peut être utile de vérifier ponctuellement ce que DeepSeek répond aux questions de base sur votre entreprise, en particulier si vous travaillez avec l’Asie ou avec des publics techniques. Comme tout assistant, il peut s’appuyer sur ses connaissances d’entraînement, parfois anciennes, ou sur une recherche web.
Si les informations sont fausses ou datées, la démarche est la même que pour les autres assistants : corriger les sources en ligne (site, annuaires, fiches, articles) et renforcer les informations exactes. Il n’existe pas de procédure de correction propre à un assistant qui soit plus efficace que la correction à la source.
Ce test peut s’intégrer à un relevé trimestriel plus large, qui couvre l’ensemble des assistants que vos clients sont susceptibles d’utiliser.
DeepSeek face aux autres assistants
| Critère | DeepSeek | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| Audience en France | Marginale | Pas une priorité de visibilité |
| Modèles ouverts | Oui, largement réutilisés | Vos contenus peuvent être lus par d’autres outils |
| Données | Limitation ordonnée en Italie dès janvier 2025 | Encadrer strictement l’usage de l’application en entreprise |
| Points forts reconnus | Raisonnement, mathématiques, programmation | Surtout utilisé par des profils techniques |
Les questions voisines se posent pour Grok, autre assistant à l’audience limitée en France. Pour les assistants intégrés aux appareils, comme Apple Intelligence, les enjeux sont différents : leur audience est potentiellement très large, car ils sont installés par défaut.
Mon conseil pour les entreprises françaises
Je recommande de traiter DeepSeek comme un assistant à surveiller plutôt qu’à prioriser. Son usage en France reste limité face aux assistants dominants, et les questions de confidentialité qu’il soulève invitent à la prudence pour un usage interne. Côté visibilité, les fondamentaux restent les mêmes que pour les autres assistants : des contenus clairs et sourcés, une identité d’entreprise cohérente sur le web, une présence dans des sources tierces reconnues.
Concrètement, ajoutez-le à votre liste de vérification trimestrielle : posez-lui vos questions de référence, notez ce qu’il dit de votre entreprise et de vos concurrents, et corrigez à la source les informations inexactes que vous repérez.
Exemple fictif : une PME de conseil
Pour illustrer, un cas inventé. Dans un cabinet de conseil de 20 personnes, la direction découvre que plusieurs consultants utilisent l’application DeepSeek pour résumer des documents clients, parce qu’elle est gratuite et rapide.
Le cabinet rédige une charte d’usage de l’IA, choisit un assistant en offre professionnelle avec des engagements contractuels sur les données, interdit la saisie de documents clients dans les assistants grand public, et forme l’équipe en une demi-journée. Côté visibilité, il ne change rien de spécifique : il continue à travailler ses contenus pour Google et les principaux assistants. Les éléments de cet exemple sont inventés pour l’illustration.
- DeepSeek est un assistant et une famille de modèles d’IA chinois, connus pour DeepSeek-R1 et leurs modèles ouverts.
- Son usage grand public en France est marginal : ce n’est pas une priorité de visibilité.
- L’autorité italienne a ordonné la limitation du traitement des données des utilisateurs italiens dès janvier 2025.
- En entreprise : encadrer l’usage de l’application, ne pas y saisir de données sensibles, proposer une alternative validée.
- Ses modèles ouverts sont réutilisés par d’autres outils : des contenus clairs profitent à tout l’écosystème.
Questions fréquentes sur DeepSeek
Qu’est-ce que DeepSeek ?
C’est une entreprise chinoise qui développe des modèles d’IA et un assistant conversationnel. Elle s’est fait connaître en janvier 2025 avec DeepSeek-R1, un modèle de raisonnement performant publié en accès ouvert.
DeepSeek est-il autorisé en Europe ?
Son usage a soulevé des questions de protection des données. L’autorité italienne a ordonné dès janvier 2025 la limitation du traitement des données des utilisateurs italiens et ouvert une enquête. D’autres autorités européennes ont exprimé des préoccupations.
Peut-on utiliser DeepSeek en entreprise ?
Il faut l’encadrer strictement : pas de données personnelles ni d’informations confidentielles dans l’application grand public. Un modèle ouvert exécuté sur une infrastructure maîtrisée pose des questions différentes, à étudier avec son service informatique.
Faut-il être visible dans DeepSeek ?
Pas en priorité pour la plupart des entreprises françaises. Les leviers qui aident à être cité sont les mêmes que pour les autres assistants, et les priorités restent Google, ChatGPT, Gemini et Perplexity.
Qu’est-ce qu’un modèle ouvert ?
C’est un modèle d’IA dont les poids sont mis à disposition, ce qui permet de l’installer, de l’exécuter et de l’adapter sur sa propre infrastructure, selon les conditions de sa licence.
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