« Alexandre, comment fonctionne ChatGPT, et d’où viennent ses réponses ? »
ChatGPT ne « cherche » pas une réponse : il prédit le mot suivant, un morceau de texte à la fois, à partir de ce qu’il a appris pendant son entraînement. Quand la question demande de l’actualité ou des faits précis, il peut aussi lancer une recherche web, lire des pages et les citer. Pour une entreprise, ça fait deux portes d’entrée : ce que le modèle sait déjà de vous, et ce qu’il trouve quand il cherche.
Mis à jour le 22 octobre 2026
« Mais il va chercher où, ChatGPT ? » C’est la question que se pose une dirigeante le jour où elle lit une réponse qui décrit son entreprise avec deux ans de retard. Mauvais tarifs, ancienne adresse, un service qu’elle a arrêté depuis longtemps.
Elle pensait que ChatGPT lisait son site en direct. Parfois oui. Souvent non.
Pour savoir comment apparaître dans ses réponses, il faut d’abord comprendre comment fonctionne ChatGPT, sans formule magique ni schéma de thèse. C’est ce que je vous propose ici, avec les éléments qu’OpenAI publie lui-même. Ce sujet est la base de tout travail de generative engine optimization : impossible d’être cité par un outil dont on ignore la mécanique.
Par Alexandre Montenon, consultant GEO à Lyon
Un outil utilisé à une échelle qui change tout
Avant la mécanique, un ordre de grandeur. À l’été 2025, OpenAI indiquait que ChatGPT recevait 2,5 milliards de messages par jour dans le monde, dont environ 330 millions venant des États-Unis.
Une partie de ces messages ressemble trait pour trait à une recherche Google. « Quel avocat en droit du travail à Lyon ? » « Quelle mutuelle pour un freelance ? » « Quel logiciel de facturation pour une TPE ? »
Sauf qu’au lieu de dix liens, l’utilisateur reçoit un texte qui tranche. Et souvent, il s’arrête là.
Étape 1, l’apprentissage : un modèle qui a lu une partie du web
ChatGPT repose sur un grand modèle de langage. Avant de vous parler, ce modèle a été entraîné sur une énorme quantité de textes.
D’où viennent ces textes ? OpenAI cite trois grandes familles de données : des contenus librement accessibles sur internet, des données fournies par des partenaires, et des informations venant des utilisateurs, des formateurs humains et des chercheurs. Les contenus payants et une partie des sites jugés indésirables sont filtrés.
Point important, et souvent mal compris : le modèle ne stocke pas les pages qu’il a lues. Il n’a pas une copie de votre site dans un tiroir. Il en a tiré des régularités, des associations entre des mots, des noms, des idées.
Concrètement, si votre marque est souvent associée à « expert en recrutement IT à Lyon » sur des dizaines de sites, le modèle a des chances de faire ce lien. Si elle n’apparaît que sur votre propre site, le lien est faible, voire absent.
OpenAI explique que ses modèles ne gardent pas de copie des données d’entraînement : l’apprentissage modifie des paramètres numériques. D’où ces réponses parfois justes dans l’esprit, mais fausses dans le détail (un prix, une date, une adresse).
Étape 2, la réponse : prédire le mot suivant, encore et encore
Quand vous posez une question, le modèle ne consulte pas un annuaire. Il écrit sa réponse morceau par morceau, en choisissant à chaque fois la suite la plus probable compte tenu de tout ce qui précède.
OpenAI le dit simplement : plusieurs suites sont souvent plausibles, il y a donc une part de hasard. La même question peut donner deux réponses différentes. Deux personnes, deux formulations, deux jours, et la liste des entreprises recommandées change.
C’est pour ça que je ne crois pas aux promesses de « première position dans ChatGPT ». Il n’y a pas de position. Il y a une probabilité d’être cité, qu’on mesure sur un panel de questions répétées.
Entre l’entraînement brut et l’outil que vous utilisez, il y a aussi une phase de post-entraînement : le modèle apprend à suivre des consignes, à refuser certaines demandes, à structurer ses réponses. C’est là qu’il prend ce ton serviable, et cette tendance à toujours proposer une liste.
Testez la même question trois fois, dans trois conversations neuves. Si vous apparaissez une fois sur trois, vous êtes dans la course. Zéro sur trois, il y a du travail. Un test unique ne prouve rien.
Étape 3, la recherche web : quand ChatGPT va voir ailleurs
Depuis fin 2024, ChatGPT dispose d’une recherche intégrée. Dans son annonce, OpenAI précise que l’outil décide lui-même quand une question mérite une recherche web, et s’appuie sur des moteurs de recherche tiers et sur des contenus fournis par des éditeurs partenaires. Les sources apparaissent ensuite sous la réponse, avec un bouton « Sources ».
Quand la recherche se déclenche, le scénario ressemble à celui d’un moteur classique, en accéléré :
➭ la question est transformée en une ou plusieurs requêtes ;
➭ des pages sont récupérées ;
➭ des passages sont sélectionnés ;
➭ la réponse est rédigée à partir de ces passages, avec des liens.
Et c’est là que la technique de votre site compte. OpenAI documente ses robots : un site qui bloque OAI-SearchBot n’apparaît pas dans les réponses de ChatGPT search (en dehors de simples liens de navigation). GPTBot, lui, concerne l’entraînement des modèles, et ChatGPT-User les visites déclenchées par un utilisateur.
| Robot d’OpenAI | À quoi il sert | Si vous le bloquez |
|---|---|---|
| OAI-SearchBot | Trouver des pages pour la recherche dans ChatGPT | Vous disparaissez des réponses avec recherche |
| GPTBot | Collecter des contenus pour entraîner les futurs modèles | Vos contenus ne servent plus à l’entraînement |
| ChatGPT-User | Ouvrir une page quand un utilisateur le demande | Le robots.txt ne s’applique pas toujours |
Beaucoup de sites bloquent tout « par précaution », via un plugin de sécurité ou un réglage d’hébergeur. Résultat : invisibles dans la recherche de ChatGPT, sans le savoir.
Mémoire du modèle ou résultat de recherche ?
Voilà le point qui change toute la stratégie. Une réponse de ChatGPT peut venir de deux endroits, parfois des deux à la fois.
| Réponse « de mémoire » | Réponse avec recherche | |
|---|---|---|
| D’où vient l’info | De l’entraînement du modèle | De pages lues au moment de la question |
| Fraîcheur | Parfois datée de plusieurs mois | À jour, si vos pages le sont |
| Sources affichées | Aucune | Liens cliquables |
| Ce qui vous fait apparaître | Votre notoriété sur le web dans la durée | Des pages accessibles, claires, bien classées |
| Délai d’effet | Long, au fil des nouveaux modèles | Quelques jours à quelques semaines |
Reprenons la dirigeante du début. Si la réponse vient « de mémoire », le modèle a retenu une image ancienne de son entreprise, faute de mentions récentes ailleurs. Corriger son site ne suffit pas : il faut faire vivre la nouvelle version de son activité sur d’autres sites (annuaires, presse locale, partenaires) et surveiller les réponses avec recherche, qui, elles, peuvent bouger en quelques semaines.
Le travail sur la « mémoire » du modèle ressemble à de la notoriété classique : lent, cumulatif, impossible à acheter en une fois. Le travail sur la recherche ressemble au SEO. Les entreprises qui gagnent font les deux.
Ce que ça change concrètement pour votre visibilité
Si je résume la mécanique en actions, voici ce que je mets en place chez mes clients.
Ouvrir la porte aux bons robots
Vérifier le robots.txt et le pare-feu (Cloudflare, plugins de sécurité) pour OAI-SearchBot, et décider en connaissance de cause pour GPTBot. Une heure de travail, parfois un gain immédiat.
Écrire des passages qui se suffisent à eux-mêmes
ChatGPT reprend des morceaux de pages. Chaque section importante doit répondre à sa question dès les premières lignes, avec les faits clés : prix, zone, délais, spécialités. Si l’info est noyée dans un paragraphe d’ambiance, elle ne sera pas reprise.
Dater et mettre à jour
Une page qui affiche ses tarifs 2026, sa date de mise à jour et ses informations pratiques a plus de chances d’être préférée à une page sans repère temporel. Et elle évite les erreurs du type « ancienne adresse ».
Exister sur les sites que ChatGPT lit
Demandez-lui ses sources sur vos sujets : comparateurs, annuaires spécialisés, médias, forums. Ce sont les endroits où votre marque doit apparaître, avec des informations cohérentes partout.
Mesurer sur la durée
Une liste de questions fixe, posée chaque mois, avec et sans recherche web. On suit le taux de mention, les sources citées, l’exactitude des infos. C’est d’ailleurs ce qui distingue le travail en GEO du SEO pur : je l’explique dans ma page sur la différence entre GEO et SEO.
Et les autres assistants, ils fonctionnent pareil ?
Dans les grandes lignes, oui. Gemini, Copilot, Claude, Mistral ou Perplexity reposent tous sur des modèles de langage qui prédisent du texte, et la plupart savent aller chercher sur le web.
La différence se joue sur le réflexe de recherche et l’index utilisé. Perplexity cherche quasiment à chaque question et affiche ses sources en permanence. Gemini et les Aperçus IA s’appuient sur l’index de Google. Copilot puise largement dans Bing. ChatGPT, lui, alterne entre réponses de mémoire et recherche selon la question.
Pour une entreprise, la conséquence est simple : il n’existe pas une seule visibilité IA. On peut être très présent dans Perplexity et absent de ChatGPT, ou l’inverse. D’où l’intérêt de tester ses questions clés dans plusieurs outils, et de ne pas tirer de conclusion à partir d’un seul.
Mais la base reste commune à tous : des pages accessibles aux robots, des informations claires et datées, et une marque dont on parle ailleurs que sur son propre site.
Trois idées fausses sur ChatGPT
« ChatGPT lit mon site en direct à chaque question. » Seulement quand une recherche se déclenche. Le reste du temps, il répond avec ce qu’il a appris.
« Si je bloque GPTBot, je disparais de ChatGPT. » Pas forcément. GPTBot concerne l’entraînement. Pour la recherche, c’est OAI-SearchBot qui compte. Les deux réglages sont indépendants.
« ChatGPT recommande ceux qui paient. » Les recommandations des réponses classiques ne s’achètent pas. La publicité arrive dans certains espaces, mais elle reste distincte du texte de la réponse : c’est un autre sujet, avec ses propres règles.
- ChatGPT prédit le mot suivant à partir de ce qu’il a appris : ses réponses varient d’une fois à l’autre.
- Le modèle ne garde pas de copie de votre site : il retient des associations, parfois datées.
- La recherche web se déclenche quand la question l’exige, avec des sources affichées.
- OAI-SearchBot doit pouvoir accéder à votre site pour que vous apparaissiez dans ces réponses.
- On travaille deux choses : la notoriété sur le web (lent) et des pages claires et à jour (plus rapide).
Questions fréquentes sur le fonctionnement de ChatGPT
Comment ChatGPT trouve-t-il ses informations ?
De deux façons. Par défaut, il s’appuie sur ce que son modèle a appris pendant l’entraînement, à partir de contenus publics, de données de partenaires et d’informations fournies par des humains. Quand la question le demande, il lance une recherche web et lit des pages, qu’il cite sous la réponse.
ChatGPT est-il connecté à internet ?
Oui, grâce à sa fonction de recherche. Il décide lui-même quand chercher, et l’utilisateur peut aussi lancer la recherche manuellement. Sans recherche, il répond avec les connaissances de son modèle, qui peuvent être datées.
Pourquoi ChatGPT donne-t-il des informations fausses sur mon entreprise ?
Le plus souvent parce que la réponse vient de la mémoire du modèle, construite à partir de contenus anciens ou rares. Le modèle ne garde pas de copie exacte des pages : il retient des associations, et peut se tromper sur un prix, une adresse ou un service.
Comment autoriser ChatGPT à lire mon site ?
Il faut autoriser le robot OAI-SearchBot dans le fichier robots.txt et ne pas bloquer ses adresses IP au niveau du pare-feu. OpenAI indique qu’un changement de robots.txt peut prendre environ 24 heures pour être pris en compte.
Peut-on payer pour être recommandé par ChatGPT ?
Pas dans le texte des réponses. Les recommandations dépendent de ce que le modèle a appris et des pages trouvées lors de la recherche. Les formats publicitaires, quand ils existent, restent séparés et signalés comme tels.
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