Gestion de projet pour Fair.
Un portefeuille de 27 clients. Et beaucoup de sujets à faire avancer en même temps. J’ai accompagné Fair dans la gestion opérationnelle de ses projets clients : stratégie de contenu, netlinking, fiches Google Business Profile, cocons sémantiques et coordination des actions SEO.
Fair. Agence web à Nantes.
Fair accompagne les entreprises sur leur présence et leur stratégie digitales. J’intervenais en gestion de projet sur un portefeuille de 27 clients, avec plusieurs leviers SEO et éditoriaux à coordonner en parallèle.
« Alexandre, comment ta place chez Fair a évolué depuis 2011 ? »
Au départ, une collaboration. Quelques années plus tard, je connais presque la maison par coeur.
Avec Sébastien Braud, le gérant de Fair , on travaille ensemble depuis 2011. Et quand je dis « ensemble », ce n'est pas vraiment « il m'envoie un brief, je renvoie un fichier, merci, au revoir ».
Au fil des années, je suis devenu un vrai élément de l'agence. Je connais les clients, leurs métiers, leurs historiques, ce qu'on a déjà tenté, ce qui a fonctionné, ce qui a moins bien fonctionné et les sujets qui risquent de revenir trois mois plus tard avec une moustache et un faux nez.
Et surtout, je ne m'arrête pas vraiment à ce qui m'est demandé. Si je vois une page bancale, un problème de positionnement, une opportunité de contenu ou un angle d'acquisition qui n'était pas dans le brief, je ne fais pas semblant de ne pas l'avoir vu. C'est devenu notre façon de travailler.
Donc tu es freelance, mais tu fonctionnes presque comme quelqu'un de l'agence ?
Oui. C'est probablement la meilleure façon de résumer la relation.
Je garde mon fonctionnement de freelance, évidemment. Mais dans la manière de travailler, je ne me considère pas comme un prestataire posé à côté de Fair.
Avec Seb, on échange depuis suffisamment longtemps pour ne pas avoir besoin de repartir de zéro à chaque dossier. Je connais sa façon de travailler. Il connaît la mienne. Quand un nouveau client arrive, je peux rapidement comprendre où je dois mettre le nez.
Et parfois, précisément, là où personne ne m'avait demandé de le mettre.
Si je remarque qu'un problème SEO vient en réalité du positionnement de l'offre, je le dis. Si la stratégie de contenu me semble partir dans la mauvaise direction, je le dis aussi. Si un client demande du netlinking alors que ses pages ne sont pas prêtes, je préfère reposer le problème avant de dépenser son budget.
C'est ce qui fait, à mes yeux, la différence entre exécuter une tâche et participer réellement au projet.
Quand tu parles d'acquisition, tu gères quoi exactement pour Fair ?
Aujourd'hui, je peux prendre en charge l'acquisition de A à Z pour plus de 27 clients de l'agence.
Ça peut commencer par la compréhension du marché et des intentions de recherche. Ensuite viennent, selon les besoins, la stratégie de contenu , les pages à créer, leur organisation, le cocon sémantique , le netlinking ou encore le référencement local et les fiches Google Business Profile.
Je peux donc passer de la réflexion stratégique à quelque chose de très opérationnel. Ouvrir Search Console. Vérifier une page. Revoir une architecture. Chercher pourquoi une requête ne décolle pas. Préparer un plan de contenu. Contrôler les liens.
Puis revenir un cran au-dessus et me demander : est-ce toujours la bonne priorité ?
C'est cette partie que j'aime bien. Je ne gère pas uniquement une succession d'actions marketing. Je garde le parcours d'acquisition complet en tête.
Et tu arrives vraiment à passer d'un emballage sous-vide à un notaire dans la même journée ?
Oui. Et parfois beaucoup plus vite que je ne le voudrais.
Je peux travailler sur un fabricant d'emballage sous-vide, puis passer chez un coiffeur, un revendeur d'or, un notaire, un opticien ou une entreprise de nettoyage de vitres.
Ajoute à ça un salon de coiffure, une agence immobilière, un fournisseur de caisses enregistreuses, un traiteur italien... et tu obtiens une journée où mon historique de navigation mérite parfois quelques explications.
Mais c'est précisément ce qui interdit le pilotage automatique.
Le client qui installe des caisses enregistreuses ne s'adresse pas au même acheteur qu'un opticien. Un notaire ne travaille pas la confiance de la même façon qu'un revendeur d'or. Et le nettoyage de vitres n'a pas le même parcours de recherche qu'un produit d'emballage industriel.
Je dois donc repartir du métier, de la géographie, du cycle de décision, de la concurrence et de la façon dont le prospect formule réellement son besoin.
Les outils restent parfois les mêmes. Le raisonnement, lui, change.
Avec plus de 27 clients, comment tu décides qui a besoin de quoi ?
Je commence par éviter la maladie professionnelle du marketing digital : vouloir utiliser l'outil simplement parce qu'on l'a sous la main.
Un client dit : « il nous faudrait des backlinks ». Très bien. Je regarde d'abord la page. Si elle répond mal à la requête, si son contenu est faible ou si trois autres URLs du site lui marchent déjà dessus, je ne vais pas commencer par envoyer de l'autorité sur le problème.
À l'inverse, si le site est propre, si le contenu tient la route et si les concurrents disposent d'une présence externe beaucoup plus solide, là, le netlinking peut devenir logique.
Même chose en local. Pour un salon de coiffure, un opticien ou une entreprise de nettoyage, la visibilité géographique peut peser énormément. Pour un fournisseur B2B, je peux davantage travailler les pages d'expertise et les requêtes métier.
En clair, je ne demande pas : « qu'est-ce qu'on pourrait faire ? »
Je demande : « qu'est-ce qui bloque ce client-là, maintenant ? »
Depuis 2011, tu fais encore le même métier pour Fair ?
Pas vraiment. Et heureusement.
La collaboration avec Seb a évolué en même temps que le Web. Les besoins des clients ont changé. Les moteurs ont changé. Les formats de contenu ont changé. Les outils ont changé. Et forcément, mes missions ont suivi.
Il y a des sujets qui occupent aujourd'hui beaucoup plus de place qu'au début de notre collaboration : qualité éditoriale, architecture des contenus, SEO local, mesure, autorité, données structurées, compréhension des entités ou visibilité de marque.
Ce qui n'a pas changé, finalement, c'est notre fonctionnement. Une nouveauté arrive. On regarde ce qu'elle change vraiment. On teste. On ajuste. Et si ça implique de revoir une offre existante, on revoit l'offre.
On ne s'accroche pas à une prestation uniquement parce qu'elle était encore sur la plaquette trois ans plus tôt.
L'arrivée des moteurs IA, ça vous a vraiment obligés à revoir vos prestations ?
Oui. Pas parce qu'un matin, le SEO aurait soudainement disparu. Mais parce que les points de visibilité se multiplient.
Un prospect peut toujours chercher dans Google. Mais il peut aussi poser sa question à ChatGPT, consulter une réponse générative, utiliser Gemini ou passer par un moteur qui synthétise plusieurs sources avant même de visiter un site.
Il aurait été facile de rebaptiser trois prestations avec « IA » à la fin et de considérer le sujet réglé. Bon. On a préféré regarder ce qui changeait réellement.
Google explique aujourd'hui que les fondamentaux du SEO restent pertinents pour ses fonctionnalités génératives . Ses systèmes s'appuient notamment sur son index de recherche pour récupérer des contenus pertinents. Autrement dit, le socle SEO reste là.
En revanche, le travail ne s'arrête plus forcément à « faire monter une URL ». On s'intéresse davantage à la façon dont une entreprise est décrite sur son propre site, mais aussi ailleurs : sa marque, ses expertises, ses preuves, les sources qui la mentionnent et le contexte dans lequel elle apparaît.
Du coup, qu'est-ce que tu changes concrètement pour gagner en visibilité dans les moteurs IA ?
Je commence justement par ne pas chercher une recette « spéciale IA ».
Il faut toujours un site accessible, des pages compréhensibles, une vraie expertise, une architecture cohérente et des contenus capables de répondre précisément à une intention. Google précise même qu'il n'existe pas d'exigence technique supplémentaire pour apparaître dans AI Overviews ou AI Mode par rapport aux fondamentaux de Search.
Mais avec Seb, on a aussi commencé à regarder plus largement la présence de la marque. Où est-elle mentionnée ? Sur quels sujets ? Dans quelles sources ? Est-elle clairement associée à son métier et à ses expertises ?
Ce n'est pas simplement une intuition. Dans une étude Ahrefs publiée en 2025 sur 75 000 marques , les mentions de marque sur le Web présentent des corrélations d'environ 0,66 à 0,71 avec la visibilité étudiée dans ChatGPT, AI Mode et AI Overviews. Les métriques classiques de volume de liens y sont beaucoup moins corrélées.
Attention : corrélation ne veut pas dire causalité. L'étude ne prouve pas qu'obtenir dix mentions déclenche mécaniquement dix apparitions dans ChatGPT.
En revanche, elle renforce une idée qui change notre façon de travailler : pour la visibilité dans les moteurs IA, je ne regarde plus uniquement ce que le site dit de lui-même. Je regarde aussi ce que le Web dit de la marque.
Et pourquoi tu penses que votre collaboration tient depuis 2011 ?
Probablement parce qu'après toutes ces années, je ne me demande toujours pas comment faire uniquement ce qui est écrit dans le brief.
Avec Seb, on a connu suffisamment de changements d'algorithmes, d'outils, de méthodes et maintenant de moteurs IA pour savoir qu'un process n'est jamais complètement sacré.
Si une méthode fonctionne, on la garde. Si elle vieillit, on l'adapte. Si un nouveau levier mérite d'être testé, on le teste. Et si je vois quelque chose qui pourrait aider un client, même si ce n'était pas prévu, je mets le sujet sur la table.
Je pense que ma place chez Fair s'est construite comme ça. Pas uniquement sur ce que je sais faire, mais sur la continuité du suivi et sur la connaissance accumulée des dossiers.
Après quinze ans de collaboration, je n'arrive plus vraiment sur un projet comme quelqu'un qui découvre l'agence. Je connais le terrain. Je connais Seb. Je connais la façon dont les clients sont accompagnés.
Et forcément, ça permet d'aller un peu plus loin que la commande.
Depuis 2011, je n'accompagne pas Fair en regardant passer les évolutions du Web. Je les traverse avec l'agence.
Plus de 27 clients, des métiers qui n'ont parfois absolument rien à voir entre eux, des leviers qui évoluent et maintenant les moteurs IA. Le fil rouge reste le même depuis le début : comprendre le problème, choisir le bon levier et ne pas s'arrêter à ce qui était simplement prévu au départ.