Les formules de copywriting

La réponse en bref

Une formule de copywriting est une structure de texte persuasif éprouvée, qui organise les idées dans un ordre qui aide le lecteur à comprendre et à décider. Les plus utilisées sont AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action), la plus ancienne, issue de la publicité américaine de la fin du XIXe siècle ; PAS (Problème, Agitation, Solution), idéale pour les textes courts ; BAB (Before, After, Bridge : avant, après, le pont qui y mène), qui fait imaginer la transformation ; les 4U (Utile, Urgent, Unique, Ultra-précis), une grille pour les titres ; FAB (caractéristiques, avantages, bénéfices), pour les fiches produits ; et les « 4P » de la promesse (Promesse, Portrait, Preuve, Poussée). Aucune n’est magique : ce sont des échafaudages. Elles font gagner du temps, évitent d’oublier une étape et servent surtout à relire un texte. Leur limite est de produire des textes mécaniques si on les applique sans connaître le lecteur, et de pousser aux excès (fausse urgence, promesses intenables) que le droit de la consommation sanctionne.

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    Mis à jour le 23 octobre 2026

    Devant une page blanche, un texte de vente à écrire, la tentation est grande de chercher une recette. Les formules de copywriting en sont : des structures qui ont fait leurs preuves, transmises de génération en génération de rédacteurs publicitaires. Bien utilisées, elles évitent les textes qui partent dans tous les sens. Mal utilisées, elles produisent des textes qui se ressemblent tous.

    Cette page présente les principales formules, avec un exemple pour chacune, et explique comment choisir. Ce sont des outils que j’utilise au quotidien comme copywriter freelance, plus souvent pour relire que pour écrire.

    Par Alexandre Montenon, copywriter et consultant en marketing depuis 2011

    D’où viennent ces formules ?

    Le copywriting désigne l’art de rédiger des textes persuasifs pour la publicité et le marketing ; John Emory Powers (1837-1919) est présenté comme le premier copywriter à plein temps, et Claude Hopkins comme l’un des premiers à appliquer l’étude du comportement des consommateurs à la publicité. Les formules sont nées de cette pratique : des rédacteurs ont observé ce qui faisait vendre, l’ont formalisé, et l’ont transmis.

    La plus ancienne, AIDA, apparaît sous une forme en trois temps dans la revue Printers’ Ink en 1898, et son acronyme en 1921. Les autres sont plus récentes et circulent dans les ouvrages et formations de rédaction publicitaire, souvent sans auteur clairement identifié.

    Les principales formules

    FormuleÉtapesIdéale pour
    AIDAAttention, Intérêt, Désir, ActionPages de vente, annonces, courriels longs
    PASProblème, Agitation, SolutionTextes courts, publications, accroches
    BABAvant, Après, PontTémoignages, présentations de service
    4UUtile, Urgent, Unique, Ultra-précisTitres, objets de courriel
    FABCaractéristique, Avantage, BénéficeFiches produits, argumentaires
    4PPromesse, Portrait, Preuve, PousséePages de vente, lettres commerciales

    Les exemples qui suivent sont tous fictifs et servent à illustrer chaque structure.

    AIDA : la structure de référence

    On capte l’attention avec un titre qui interpelle la cible, on crée l’intérêt en décrivant sa situation, on suscite le désir avec les bénéfices et les preuves, et on termine par une action claire. C’est la formule la plus complète, adaptée aux textes longs. Elle fait l’objet d’une page dédiée sur ce site.

    PAS : partir du problème

    On nomme le problème, on en montre les conséquences (l’« agitation »), puis on présente la solution.

    • Problème : « Vos clients ne répondent pas à vos devis. »
    • Agitation : « Chaque devis sans réponse, c’est une heure de travail perdue, et un chantier qui part peut-être chez un concurrent. »
    • Solution : « Une relance automatique à J+3 et J+10, personnalisée, qui fait revenir une partie des clients hésitants. »

    Efficace et rapide, PAS a un défaut : l’agitation glisse facilement vers le dramatique. Restez dans le vrai.

    BAB : faire voir la transformation

    On décrit la situation avant, la situation après, puis le pont : ce qui permet de passer de l’une à l’autre.

    • Avant : « Le samedi matin, vous faisiez votre comptabilité au lieu d’être avec vos enfants. »
    • Après : « Aujourd’hui, vos factures partent toutes seules et votre bilan est prêt à l’heure. »
    • Pont : « Un cabinet qui s’occupe de tout, avec un interlocuteur unique joignable en direct. »

    Cette structure fonctionne particulièrement bien pour présenter un témoignage client réel, et rejoint les techniques de storytelling.

    Les 4U : une grille pour les titres

    Un bon titre est utile (il promet quelque chose au lecteur), urgent (il donne une raison de lire maintenant), unique (il ne ressemble pas aux autres) et ultra-précis (chiffres, délais, cible). Un titre n’a pas besoin des quatre, mais en général d’au moins trois. « 5 erreurs qui font perdre des clients aux plombiers sur Google » est utile, précis et assez singulier ; « Conseils pour votre visibilité » n’est rien de tout cela.

    FAB : relier la caractéristique au bénéfice

    Pour chaque caractéristique, on explique l’avantage qu’elle apporte, puis le bénéfice concret pour le client. « Batterie de 12 heures » (caractéristique), « vous n’avez pas besoin de la recharger pendant la journée » (avantage), « vous travaillez sur vos chantiers sans chercher une prise » (bénéfice). C’est l’outil de base des fiches produits et des argumentaires de vente.

    Les 4P : promesse, portrait, preuve, poussée

    On formule une promesse forte, on dresse le portrait de ce que sera la vie du client avec la solution, on apporte des preuves, puis on pousse à l’action. Proche d’AIDA, cette structure met davantage l’accent sur la preuve, ce qui la rend précieuse pour les offres chères ou les publics méfiants.

    On vérifie : les formules de copywriting

    Choisir la bonne formule

    Le choix dépend de trois choses : la longueur du support, ce que le lecteur sait déjà, et ce qui le fait hésiter.

    • Texte court, lecteur pressé : PAS ou les 4U pour le titre.
    • Page de vente complète, lecteur qui découvre : AIDA ou les 4P.
    • Service qui transforme une situation : BAB.
    • Produit technique, lecteur qui compare : FAB pour chaque caractéristique.
    • Lecteur méfiant, offre chère : 4P, avec beaucoup de preuves.

    On combine souvent : un titre travaillé avec les 4U, une introduction en PAS, un corps en FAB, une conclusion en AIDA.

    Ne confondez pas les « 4P » de la promesse avec les 4P du marketing mix (produit, prix, distribution, communication) : les premiers organisent un texte, les seconds structurent les décisions marketing d’une entreprise. Le même sigle désigne deux outils sans rapport.

    Mon petit conseil de pro

    Avant de choisir une formule, écrivez en une phrase ce qui empêche votre lecteur de passer à l’action aujourd’hui : le prix, le doute sur le résultat, la peur de mal choisir, le manque de temps. La formule à retenir est celle qui traite le mieux ce frein. Pour un frein de confiance, une structure riche en preuves ; pour un frein d’attention, une accroche forte et un texte court.

    Les limites des formules

    Elles ne remplacent pas la connaissance du lecteur. Une structure parfaite au service d’un message qui ne correspond pas aux préoccupations de la cible ne convainc personne.

    Elles uniformisent. Des milliers de textes suivent les mêmes schémas ; le lecteur les reconnaît. La singularité vient du fond : vos exemples, vos preuves, votre ton.

    Elles poussent aux excès. L’agitation exagérée, l’urgence artificielle, la promesse trop belle sont des tentations de ces structures. La DGCCRF rappelle qu’une pratique commerciale trompeuse, qu’il s’agisse d’allégations fausses, d’omissions d’informations substantielles ou de faux avis, est passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende, et qu’il suffit qu’elle soit de nature à tromper.

    Elles ne valent rien sans relecture. Un texte construit selon une formule doit ensuite être lu à voix haute, raccourci, et testé.

    Les formules et l’écriture assistée par IA

    Les assistants d’IA connaissent toutes ces formules et les appliquent volontiers : demander « un texte en PAS sur mon offre » produit en quelques secondes un premier jet structuré. C’est utile pour démarrer, mais le résultat a souvent le défaut des formules mal employées : un texte générique, qui ressemble à des milliers d’autres. Ce que l’outil ne peut pas inventer, ce sont vos preuves réelles, vos exemples de terrain, les mots exacts de vos clients. C’est là que se fait la différence, et c’est ce qu’il faut ajouter à tout premier jet, qu’il vienne d’un humain ou d’une machine.

    Les erreurs fréquentes

    Appliquer la formule à la lettre. Des blocs artificiels, des transitions qui sonnent faux.

    Choisir la formule avant le message. La structure sert le fond, pas l’inverse.

    Oublier la preuve. Une promesse sans preuve reste une affirmation.

    Plusieurs appels à l’action. Une formule se termine par une action, pas cinq.

    Copier les textes des autres. Les mêmes formules, avec les mêmes exemples, produisent les mêmes textes interchangeables, et reprendre mot pour mot le texte d’un concurrent expose aussi à un litige, en plus de priver la page de toute chance de se distinguer dans les résultats de recherche.

    Exemple fictif : une même offre, trois formules

    Pour illustrer, un cas inventé. Un traiteur propose des plateaux-repas pour les réunions d’entreprise. En PAS : « Vos réunions s’éternisent et tout le monde a faim ? Les sandwichs tièdes plombent l’ambiance. Nos plateaux de saison livrés à l’heure, à partir de 6 personnes. » En BAB : « Avant, la pause déjeuner se résumait à un sandwich avalé devant l’écran. Aujourd’hui, vos équipes partagent un vrai repas. Entre les deux : une commande en ligne la veille avant 16 heures. » En 4U pour le titre de la page : « Plateaux-repas livrés à Lyon en 2 heures, commandés jusqu’à la veille 16 heures. » Les éléments de cet exemple sont inventés pour l’illustration.

    Ce qu’il fallait retenir
    • Une formule de copywriting est une structure éprouvée pour organiser un texte persuasif.
    • Les principales : AIDA, PAS, BAB, 4U, FAB, 4P.
    • Le choix dépend du support, de ce que sait le lecteur et de ce qui le freine.
    • Elles servent autant à relire qu’à écrire.
    • Elles ne remplacent ni la connaissance du lecteur, ni des preuves réelles.

    Questions fréquentes sur les formules de copywriting

    Qu’est-ce qu’une formule de copywriting ?

    C’est une structure de texte persuasif éprouvée, comme AIDA ou PAS, qui organise les idées dans un ordre qui aide le lecteur à comprendre l’offre et à passer à l’action.

    Quelle est la formule de copywriting la plus connue ?

    AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action), la plus ancienne, dont une forme en trois temps apparaît dès 1898 dans la publicité américaine.

    Quelle formule choisir pour un texte court ?

    PAS (Problème, Agitation, Solution) convient bien aux publications, annonces et accroches, et les 4U aident à écrire le titre.

    Les formules de copywriting fonctionnent-elles encore ?

    Oui comme structures, à condition de les nourrir de la connaissance du lecteur, de preuves réelles et d’un ton propre, sans fausse urgence ni promesse intenable.

    Peut-on combiner plusieurs formules ?

    Oui, c’est même courant : un titre travaillé avec les 4U, une introduction en PAS, des arguments en FAB et une conclusion qui pousse à l’action.

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